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Créatures infernales
13 juin 2018
Une petite pause pour contempler ces incroyables créatures, issues de quatre copies différentes de la Somme le Roi de frère Laurent. Commandé par Philippe le Hardi, ce manuel d’instruction morale et religieuse en prose française est aussi connu sous le doux nom de Livre des vices et des vertus. Les laïcs étaient ainsi invités à parfaire leurs connaissances des vices à fuir et des vertus à cultiver afin de mener une bonne vie chrétienne.
Le préambule cite une bête de l'Apocalypse de saint Jean (chapitre 13) : "Puis je vis monter de la mer une bête qui avait sept têtes et dix cornes, et sur ses cornes dix diadèmes, et sur ses têtes des noms de blasphème. La bête que je vis ressemblait à un léopard; ses pieds étaient comme ceux d'un ours, et sa gueule comme une gueule de lion."

Et comme le remarque la légende : "Ceste beste senefie le deable" !

manuscrit de 1294
manuscrit de 1295
manuscrit de 1311
manuscrit de 1464


Parfois, mieux vaut faire quelques roughs avant de se lancer dans des maquettes papier, histoire de se rendre compte que les rideaux de mamie comme robe, ce n’est pas forcément une bonne idée... on restera sur la deuxième proposition !


Fillette
11 juin 2018
J’aime assez le manque d’épaisseur des personnages de conte. Ils sont des moteurs passifs des événements, sans beaucoup de détails sur leur physique ou leur psychologie, et souvent sans prénom non plus.
Je vous présente donc fillette.


Haute, massive comme une roche, à la robe fluide comme un torrent, parée comme toute puissante maîtresse de la magie, la vieille au foulard cache ses dents d'acier sous des traits impassibles.

Ivan-la-main-de-fer
06 juin 2018
Ivan Bilibin est l'un des grands illustrateurs (entre autres habiletés) du début XXe.
Il met son talent au service du renouveau pictural de l'art russe et se révèle particulièrement actif dans le développement du décor de théâtre et de l'illustration de livre.

L'illustration de contes traditionnels russes est son domaine de prédilection. Il y mêle sa fine connaissance du patrimoine culturel russe à un sens de la mise en page et de la mise en image qui dépasse totalement la "décoration" du livre : on peut carrément parler d'enluminure. Enrichie de sa culture artistique (de l'Art nouveau à l'estampe japonaise..), sa pratique vise à créer une page harmonieuse, vivante, où le dessin est conçu avec son sertissage de bordures, cartouches ou frises. L'esprit médiéval, manifesté tant dans la conception de la page que dans les costumes des personnages, sied à ravir au registre féérique et merveilleux du conte.
Bien sûr, Bilibin a fait un portrait de la baba Yaga !


La marâtre Yaga
06 juin 2018
Finalement, je ne suis pas tombée sur la baba Yaga mais sur la marâtre.
Haute, massive et autoritaire, comme toute sœur de la Yaga. Dans son costume de bourgeoise, et surtout dans son superbe papier orné. Voici donc la maquette en papier découpé pour y voir un peu plus clair sur ce personnage en devenir.


Costume traditionnel
06 juin 2018
Voici l'image qui a inspiré la première piste, extrait de l'article Costume national des femmes en Russie XVII-XX siècles .
Il s'agit d'un habit de la première moitié du XIXe siècle.
Le sarafan, la robe dont les bretelles sont ici recouvertes par le dushegreia, est couramment portée dans le nord et le centre de la Russie pendant plusieurs siècles. Ses formes, couleurs et motifs dépendent de son lieu de réalisation. Et comme tous les vêtements, la sophistication dépend de votre bourse... ou de la bourse que vous prétendez posséder. L'ensemble confère une forme massive et simple, comme le souligne ce riche article.
La coiffe, dite kokoshnik (du slavon kokoch : la poule - un lien de parenté en plus avec la baba Yaga et sa maison-poulet), est historiquement portée par les femmes mariées, avec un foulard. Ici, il est de la région de Tver.